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L’Ambassade


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L’existence des Sélénites, les possibles habitants de la lune, a longtemps été un sujet de controverse, mais est depuis peu devenu une réalité indéniable. Il y a quelques mois, un quartier entier de Londres autour de Hammersmith a même été évacué pour permettre aux ambassadeurs lunaires de s’y établir, protégés par une immense serre à vide. Les Sélénites sont une race énigmatique et insondable, aux objectifs inconnus jusqu’à aujourd’hui. Leur apparente passivité demeure un mystère, mais force est de constater qu’ils n’ont jamais fait preuve de la moindre hostilité ni représenté le moindre danger pour les citoyens de Londres.

 

L’histoire des sélénites est en fait plus compliquée qu’il n’y paraît. Les sélénites que connaissent les habitants de notre Londres de 1888 ne sont pas les habitants d’origine de la lune. Ils ont été « habités » par une race extra-terrestre et extra-lunaire venue des confins de l’univers.

Ces créatures n’ont pas de forme propre, et voyagent de planète en planète pour trouver une nouvelle forme de vie à assimiler. Lorsqu’elles arrivent sur une planète habitée, elles s’y installent paisiblement, comme des plantes que l’on aurait planté dans le sol. Puis, toujours en comparaison à des plantes, elles bourgeonnent et fleurissent, et émettent alors des spores. Ces spores vont « infecter » les habitants d’origine de la planète sur laquelle elles sont arrivées, et transformer les autochtones en hybrides. Ces transformations sont violentes, et si rien n’est fait, peuvent contaminer tout la population d’une planète très rapidement (quelques semaines).

Ces hybrides deviennent eux aussi « contagieux », et vont, en quelques jours, émettre des spores à leur tour, et créer ainsi d’autres hybrides à partir des habitants d’origine. Une fois que toutes les formes de vie de la planète sont touchées, la vie des extra-terrestres peut continuer pendant plusieurs milliers d’années de manière très pacifique. Puis vient alors un moment où les créatures sentent que le moment de partir est arrivé, et ils doivent alors traverser l’espace pour trouver une autre planète à « assimiler ».

Les sélénites d’origine ont fusionné avec cette étrange race extra-terrestre il y a de cela plusieurs milliers d’années, et le moment est venu pour eux de trouver une autre forme de vie avec laquelle fusionner, par contamination. Cette planète est notre Londres de 1888. Les ambassadeurs présents sur terre ne sont là que pour attendre leur prochaine floraison et ainsi perpétuer leur race en fusionnant avec les formes de vie présentes sur terre, en particulier les humains.

Mais tant qu’ils ne « fleurissent » pas, les sélénites de Londres sont totalement inoffensifs.

“Commençons par les observations communes. Ce spécimen mesure 14 pieds et 5 pouces de haut, pour un poids d’a peine 300 livres : vous remarquerez que ces créatures sont étrangement légères. La gravité terrestre ne leur permet pas de se mouvoir aussi facilement que sur la lune, c’est pourquoi nous leurs avons attaché ces atèles.”

Le Sélénite tituba quelques instants

“Leur système respiratoire a besoin de filtres à ether, car sans ce dernier, ils ne pourraient survivre plus de 24 heures dans notre atmosphère. La consistance de leur peau, souple et pourtant très difficile à trancher, est elle aussi des plus étonnantes.”

Le professeur mit en marche un appareil qui projetta une vive lumière sur la créature

“Selon le luminoscope à contre-pression, leur sombre épiderme absorbe un tiers de la lumière ambiante. Des tests en laboratoire ont montré qu’ils sont également sensibles au moindre champ magnétique.”

Pendant qu’il rangeait l’appareil, la créature lunaire eu un court tremblement. Les élèves étaient fascinés et impressionnés par cet extraterrestre, et des chuchotements fusaient de toutes parts dans l’amphithéatre. Soudain, par les nombreux petits tubes de métal fixés sur ses orifices dorsaux, le Sélénite éjecta bruyamment un gaz semblable à de la fumée de pipe

“Jeunes gens, je vous demande maintenant toute votre attention et vous prierai d’observer le plus grand silence : nous passons à la dissection.”

 

Cours d’anatomie sélénite au College Royal de Médecine.

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